Le marché mondial des semiconducteurs a atteint 476,7 milliards de dollars en 2018, soit une augmentation de 13,4% par rapport à 2017, selon Gartner. Les revenus combinés des 25 principaux fournisseurs de semiconducteurs ont ainsi augmenté de 16,3% en 2018 et représentaient 79,3% du marché. La croissance des autres fabricants de puces n’a pas dépassé 3,6%, soutient Gartner.

L’Europe place deux champions dans les dix premiers fabricants mondiaux de semiconducteurs hors fondeurs. STMicroelectronics gagne une place pour figurer au 9e rang mondial, tandis que le Néerlandais NXP devient le numéro 10 mondial. Par rapport à 2017, Toshiba sort du classement préliminaire du Top10 de Gartner, ce qui peut sembler abusif, car son partenaire dans les flash NAND Western Digital y reste. De plus, Toshiba a conservé 40,2% de Toshiba Memory.

Les classements actuels pourraient voir des changements significatifs cette année. Pour Gartner, 2019 sera en effet un marché très différent des deux années précédentes : les mémoires sont déjà entrées dans un cycle de ralentissement, il y a la guerre commerciale imminente entre les États-Unis et la Chine et une incertitude croissante à propos de l’économie mondiale.

Alors que le marché des smartphones et des tablettes est saturé, les fournisseurs de processeurs d’application devront rechercher des opportunités adjacentes dans les domaines des produits wearables, de l’Internet des objets (IoT) et de l’automobile, conseille le cabinet d’études.

Les mémoires ont renforcé leur position de première famille de semiconducteurs, représentant 34,8% du total du marché, contre 31% en 2017. Le marché des mémoires a bondi de 27,2% en 2018. Cela a été permis par l’augmentation du prix moyen de vente des mémoires Drams pendant une bonne partie de l’année, à l’exception du quatrième trimestre de 2018. De leur côté, les mémoires flash NAND ont subi un net ralentissement de leur prix moyen de vente pendant une bonne partie de l’année en raison d’une offre excédentaire. Cette catégorie de mémoires a tout de même réussi à afficher une augmentation de 6,5% de ses revenus, grâce à une adoption accrue des disques SSD et à l’augmentation du contenu mémoires dans les smartphones.

La deuxième plus grande catégorie de semiconducteurs, les circuits dédiés à une application (ASSP), a connu une croissance limitée de 5,1% en raison d’un marché en perte de vitesse pour les smartphones, associé à un marché des tablettes en baisse constante. Les principaux fournisseurs de ce segment, y compris Qualcomm et MediaTek, se développent de manière agressive sur des marchés adjacents offrant de meilleures perspectives de croissance, notamment les applications automobiles et l’IoT.

2018 aura été également l’année des fusions-acquisitions avortées: tout d’abord Broadcom a renoncé officiellement au rachat de Qualcomm en mars 2018, avant que Qualcomm ne renonce à son tour à racheter NXP au cours de l’été. Finalement, les plus gros rachats en semiconducteurs en 2018 auront été en mars de l’Américain Microsemi par son compatriote Microchip pour 8,35 milliards de dollars et celui en septembre de l’Américain IDT par le Japonais Renesas pour 6,7 milliards de dollars. Sans compter la cession le 1er juin par Toshiba de sa filiale Toshiba Memory au consortium Pangea créé à cet effet et emmené par le fonds d’investissement Bain Capital, dans une transaction de 18,26 milliards de dollars. Dans la foulée, Toshiba a réinvesti 350,5 milliards de yens dans Pangea, ce qui lui confère environ 40,2% des droits de vote de la structure de contrôle de Toshiba Memory.