Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, et Eric Trappier, président du Comité Stratégique de Filière, ont signé ce matin le contrat stratégique de la filière aéronautique. Celui de la filière électronique est prévu, rappelons-le, pour le 13 décembre.

La filière aéronautique regroupe 1000 entreprises, emploie aujourd’hui environ 300 000 personnes en France et réalise environ 65 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 85% à l’export. La signature du contrat de filière « Aéronautique » marque ainsi une étape décisive dans la restructuration de ce secteur hautement stratégique pour l’industrie française.

Conformément à l’orientation donnée par le Conseil national de l’industrie (CNI), la filière a élaboré un plan d’actions autour de trois thématiques principales : le programme « Industrie du Futur », l’emploi et les compétences via  la mise en place d’un projet d’accord d’Engagement et de développement de l’emploi et des compétences (EDEC) et enfin, l’export.

Concernant le programme « Industrie du Futur », afin d’améliorer la performance et la compétitivité de la chaîne logistique aéronautique, 300 ETI et PME seront accompagnées, notamment au travers d’un diagnostic et d’un plan d’action individuel, pour un budget global d’environ 50 M€. Ce programme vise à aider les PME et petites ETI à s’approprier les nouvelles technologies du numérique et de production pour répondre aux enjeux des entreprises dans toutes les phases de vie d’un produit. Il se décompose en deux phases : un parcours d’accompagnement individualisé des sociétés sur les premières étapes de leur transformation digitale, couvrant tout le cycle produit ( diagnostic, feuille de route, premières applications), ainsi que l’accélération du déploiement des outils transverses filière permettant une meilleure efficacité collective (AirSupply – AirDesign – AirCollab) et la sécurisation des systèmes d’information et de production (AirCyber). Le programme correspond à un budget d’environ 50,3 M€ sur trois ans de mi-2019 à mi-2022, dont 16,4 M€ déjà financés par la filière. Le budget restant sera financé avec un objectif de parité entre l’Etat, les régions, le GIFAS et les entreprises bénéficiaires.

Concernant l’emploi et les compétences, la conclusion d’un Engagement de développement de l’emploi et des compétences (EDEC) entre la filière, la branche et l’Etat devra permettre d’identifier les besoins en compétences pour permettre d’accéder à l’industrie du futur, de contribuer aux évolutions des formations et aux d’accompagner individuellement des PME dans leur gestion des ressources humaines. Le montant total de ces actions est estimé à 2 M€ assuré par l’Etat à concurrence de 0,6 M€ et la branche représentée par l’OPCAIM. La filière s’engage également à augmenter de 50% le nombre d’alternants, sur une période de 5 ans.

Enfin, le contrat revoit le mode opératoire de la filière pour une meilleure concertation et des performances accrues à l’export, notamment au bénéfice des PME. Dans une filière aussi internationalisée que l’aéronautique, le rôle des donneurs d’ordre pour accompagner les PME à l’export est fondamental, jugent les signataires. L’industrie aéronautique est très fortement exportatrice, puisqu’elle vend à des clients internationaux 85% de son chiffre d’affaires consolidé. Cette très forte internationalisation est partagée par l’ensemble des acteurs de la filière, systémiers – équipementiers – PME, avec des intensités différentes selon le rang dans la filière ; le taux d’exportation direct moyen des PME est en effet de 27% de leur CA. Il s’avère donc nécessaire d’effectuer un effort particulier vers les PME qui exportent peu ou pas du tout. Le GIFAS organisera avant la fin janvier 2019 une réunion des acteurs concernés pour leur proposer, dans le cadre du contrat, une coordination sur l’année 2019 et, pour les années suivantes, un mode opératoire destiné à partager les programmes d’actions l’année précédant leur mise en oeuvre, afin d’en optimiser les effets et éviter les télescopages.

L’élaboration de ce contrat de filière s’est appuyée sur les recommandations issues d’une étude cofinancée par le ministère de l’Economie et des Finances, le ministère des Armées et le GIFAS dans le cadre du Pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques (PIPAME), publiée aujourd’hui.

La réunion plénière du Comité stratégique de filière a également été l’occasion de faire un point sur l’avancement des travaux du Conseil pour la recherche aéronautique civile (CORAC), pendant « innovation » de cette politique de filière au travers duquel l’Etat soutient l’innovation de la filière à hauteur de 135 millions d’euros par an.

Eric Trappier, président du Comité stratégique de filière et président du GIFAS, a déclaré à l’occasion de cette signature : « La signature de ce contrat stratégique de filière constitue une étape fondamentale pour le futur développement de la filière aéronautique. Celle-ci est en effet confrontée à des défis toujours plus importants que nous imposent nos clients et nos concurrents. Cette démarche contribue ainsi à permettre à notre filière industrielle d’investir toujours plus dans des technologies de rupture et de s’approprier les nouveaux outils et procédés de production, et de rester ainsi une filière d’excellence ».

L’élaboration de ce contrat de filière s’est appuyée sur les recommandations issues de l’étude cofinancée par le ministère de l’Economie et des Finances, le ministère des Armées et le GIFAS dans le cadre du pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques (PIPAME).

Téléchargez l’étude PIPAME.