SEMI, l’association professionnelle représentant la chaîne d’approvisionnement de l’industrie électronique mondiale et plus particulièrement les fabricants de matériaux et d’équipements pour la fabrication des semiconducteurs, s’inquiète de l’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Pendant ce temps, Google lâche Huawei.

« Nous continuons à surveiller ce qui semble être une détérioration de la situation entre les États-Unis et la Chine en ce qui concerne leurs négociations commerciales en cours. La montée des droits de douane sur les importations, ainsi que le récent décret sur la chaîne d’approvisionnement et les mesures prises par le Département du commerce contre Huawei suscitent de plus en plus d’inquiétude, ces actions perturbent la chaîne d’approvisionnement et vont à l’encontre de l’accès primordial au marché », déclare SEMI, dans un communiqué.

« La chaîne d’approvisionnement complexe et intégrée mondialement qui sous-tend notre industrie exige que les plus grandes économies du monde ouvrent la voie en établissant des règles qui garantissent l’accès aux marchés et protègent la propriété intellectuelle. Un accord conforme aux principes du commerce mondial serait mutuellement bénéfique pour les deux nations ainsi que notre industrie mondiale, et nous espérons qu’un tel accord pourra encore être conclu », poursuit l’organisation professionnelle qui compte plus de 2100 entreprises membres dans le monde, employant 1,3 million de professionnels impliqués dans les activités de conception et de fabrication de produits électroniques.

Plus de mise à jour Android pour les smartphones Huawei

La semaine dernière, le président Trump a signé un décret interdisant aux entreprises américaines d’utiliser du matériel de télécommunication fabriqué par des entreprises présentant un risque pour la sécurité nationale, interdisant de fait aux fournisseurs américains de commercer avec Huawei. On pense bien-entendu aux semiconducteurs intégrés dans les produits du géant chinois. Ce week-end, le p-dg de Huawei a indiqué dans un article publié par le Nikkei, que l’entreprise, même si elle regrettait cet état de fait injustifié, pourrait se passer de puces américaines et s’était préparée à cette éventualité.  Sa filiale HiSilicon Technologies, qui conçoit notamment des processeurs bande de base pour sa maison-mère, serait mise à contribution. Selon le classement d’IC Insights, au premier trimestre 2019, HiSilicon a gagné 11 places passant au 14e rang mondial, grâce à une hausse de 41% de ses ventes trimestrielles en variation annuelle, à 1775 M$. Une très belle performance, mais selon l’article du Nikkei, Huawei achète néanmoins pour 67 milliards de dollars de composants dont environ 11 milliards auprès de fournisseurs américains.

Une autre menace plane sur le géant chinois. Reuters rapporte ce week-end que Google aurait décidé de se conformer à la décision des Etats-Unis en coupant toute relation commerciale directe avec Huawei. Dans la pratique, les smartphones Android de Huawei ne pourront plus être mis à jour et Google ne fournira plus jusqu’à nouvel ordre ses logiciels (Gmail, Chrome, etc.) au géant chinois.

Selon Strategy Analytics, alors que le marché mondial des smartphones a reculé de 4% au 1er trimestre, à 330 millions d’unités, Huawei a été le seul des grands fabricants à augmenter nettement ses livraisons. Décrochant le deuxième rang mondial, le fabricant chinois a vu ses ventes trimestrielles passer de 39,3 à 59,1 millions d’unités, soit une part de marché qui est passée de 11,4% à 17,9%, plus très loin de celle de Samsung (21,7%).uiaHu