Soucieux du succès de leurs adhérents et de leurs clients directs, ACSIEL Alliance Electronique, syndicat professionnel français des fabricants de composants électroniques, d’équipements de production et de test et mesure, le SNESE, syndicat professionnel français de la sous-traitance électronique, et le SPDEI, syndicat professionnel français de la distribution électronique, se sont rencontrés tout début janvier 2018 pour faire face à la pénurie mondiale de composants qui sévit depuis 2017.

Les trois groupements professionnels ACSIEL, SNESE et SPDEI, ont ainsi décidé d’entretenir une communication constante et privilégiée par la mise en place d’un Comité commun dédié au suivi et à la bonne compréhension des mécanismes générateurs de crise.

Ses principales missions se résument ainsi :

  • Communiquer et échanger en permanence et d’une manière privilégiée les informations des clients finaux sur leurs besoins réels,
  • Mettre en place des outils communs de recensement de ces besoins,
  • Prédire tant que possible et informer les phénomènes de crise,
  • Définir les rôles à tenir par chacun des maillons de la chaîne vis-à-vis des clients finaux,
  • Trouver des voies d’améliorations communes.

Un point régulier sera fait trimestriellement par ce comité pour une évaluation de l’évolution de la situation, des moyens mis en œuvre et des actions éventuelles à initier.

Depuis le début d’année 2017, plusieurs alertes ont en effet été émises par de nombreux secteurs utilisateurs à propos de la pénurie mondiale et durable de composants électroniques, soulignant le risque majeur que ce phénomène faisait courir aux entreprises notamment de sous-traitance électronique (EMS), qui se trouvent dans l’incapacité d’honorer leurs commandes.

Le SNESE s’inquiète plus particulièrement des annonces faites depuis plusieurs mois déjà par de nombreux fabricants de composants, de mise sous allocation et déclarations d’obsolescence accélérées de certaines références standards, avec les conséquences pressenties d’annulation de commandes et de pénalités chez leurs clients OEM, d’arrêts de chaines de production, voire de mise en péril de l’existence de certains.

Selon les organisations professionnelles de la filière, les difficultés d’approvisionnement très pénalisantes pour l’ensemble de la chaine de valeur sont la conséquence de plusieurs éléments conjoncturels, mais aussi structurels à l’échelle mondiale.

En novembre, l’organisation professionnelle WSTS a relevé à 20,6% sa prévision croissance de la consommation mondiale de semiconducteurs, -soit la plus forte progression depuis 2010-, à 409 milliards de dollars en 2017, puis de 7% en 2018, à 437 milliards.

Après deux années 2015-2016 de croissance quasi-nulle, l’année 2017 enregistre une croissance soudaine et imprévisible du marché mondial des composants de l’ordre de 20%. Des applications en forte croissance ont émergé : multiplication des objets connectés et, plus généralement, accélération des applications électroniques tirées par des besoins sociétaux tels que l’environnement (EV/HEV, solaire, éolien, smartgrid, compteurs, mobilité, antipollution), la sécurité (conduite autonome, drone, cyber sécurité, défense), la connectivité (smartphone, réseaux sociaux, data-centers…), le confort et les loisirs. Sans préavis suffisant, les volumes ont très significativement augmenté les besoins en composants et circuits imprimés, ce qui conduit à des changements de mix produits et de saturations de lignes de production affectant toutes les familles de produits (composants actifs, passifs, connecteurs, circuits imprimés).

La situation est plus sévère sur certaines lignes de produits (composants de puissance, condensateurs céramique, capteurs, mémoires, soulignent  les organisations. La situation est d’autant plus délicate que le phénomène de pénurie a un effet « boule de neige », beaucoup d’acheteurs de composants ayant tendance à surévaluer leurs besoins pour garantir leurs approvisionnements.

Mais à la conjoncture, s’ajoutent des éléments structurels dont le premier est l’incapacité de la « supply-chain » au niveau mondial à fournir des prévisions fiables et avec suffisamment de préavis. Il est vrai que les prévisions de croissance du marché du semiconducteur semblent impossibles : alors que la croissance mondiale aura finalement atteint 20%, les prévisions de fin 2016 se limitaient à 3,3% pour 2017 !

Ce phénomène est aggravé par la multiplication des intermédiaires entre fabricants et clients finaux. Les parts de marché de composants allouées par certains OEMs aux distributeurs et aux fabricants de cartes et systèmes électroniques fluctuent d’un trimestre à l’autre, empêchant une bonne propagation des prévisions dans les délais requis auprès des fabricants de composants et ayant souvent pour conséquence de ne pas livrer les pièces sur les chaines de production où elles sont le plus attendues.

Par ailleurs, l’utilisation non maîtrisée des outils informatiques de planification est clairement un facteur favorisant l’apparition de pénuries, reconnaît la profession.

Pendant les phases d’équilibre du marché où il y a adéquation entre l’offre et la demande, voire surcapacités, la mise en concurrence à l’échelle mondiale conduit à des baisses de prix sans rapport avec les gains de productivité et donc à une baisse de rentabilité des fabricants de composants et de leurs fournisseurs de matières premières. Cette situation a un impact immédiat : le gel d’investissements dans l’extension des capacités de production chez les fabricants de composants, a fortiori en l’absence de prévisions fiables, lesquels relèvent leurs prix en période d’allocation pour corriger cet effet et procéder aux investissements nécessaires.

Promouvoir la qualité de la relation Client-Fournisseur

Les difficultés d’approvisionnement affectent toute la chaine de valeur et il serait vain de chercher une cause unique à ce phénomène hélas cyclique complexe et d’envergure mondiale, déplorent les syndicats. Les pénuries et augmentations de délais ne sont pas une cause de la situation mais une conséquence. Là encore, l’absence de visibilité des besoins réels ne permet pas de faire de prévisions fiables sur la sortie de crise et ses effets.

La qualité de la relation Client-Fournisseur permet de résoudre bien des problèmes qui s’aggravent avec le temps. La compréhension mutuelle, la communication à tous les niveaux et une certaine transparence doivent permettre d’améliorer les situations au cas par cas. ACSIEL, le SNESE et le SPDEI encouragent ainsi les partenariats solides et durables entre clients et fournisseurs, qui doivent permettre une meilleure sécurisation des approvisionnements futurs.

« Chaque acteur de la chaine de valeur : fabricants de composants, distributeurs, fabricants de cartes et systèmes électroniques démontrent chaque jour leur détermination à minimiser les impacts chez leurs clients et beaucoup de ces derniers leur en sont reconnaissants », souligne le communiqué de la filière.

ACSIEL Alliance Electronique, est née de la fusion d’ACSIEL, du GFIE et du SIMTEC le 1er janvier 2016, compte 150 adhérents pour 100 000 emplois directs et induits générant un chiffre d’affaires supérieur à 6 milliards d’euros.  L’Alliance rassemble les acteurs des composants, des systèmes, du test et de la mesure électronique, des équipements, consommables et services pour l’Industrie Electronique.

Le Syndicat National des Entreprises de Sous-traitance Electronique – SNESE représente les fabricants de cartes et systèmes électronique et services associés – Près de 550 entreprises, principalement des PME (80% des entreprises du secteur emploient entre 20 et 99 salariés), qui réalisent un chiffre d’affaires de 5 000 M € avec un effectif de 28 000 personnes.

Le SPDEI (Syndicat Professionnel de la Distribution en électronique Industrielle) a été fondé en 1972 pour promouvoir et soutenir les distributeurs de l’industrie électronique. Il réunit 22 adhérents, représente plus de 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaire (total secteur).