Bpifrance dévoile aujourd’hui son Plan « Deeptech », dont l’objectif est de faire émerger des start-up issues de la recherche scientifique et de leur permettre de grandir grâce à des dispositifs d’accompagnement dédiés.

Depuis cinq ans, les investissements dans la deeptech ont connu partout dans le monde une croissance majeure : entre 2013 et 2017, ils ont été multipliés par 5,5. Intelligence artificielle, biotechnologies, informatique quantique… Il paraît de plus en plus évident que la puissance industrielle de demain se situe du côté de l’innovation de rupture.

Lien le plus rapide entre le monde scientifique et la mise sur le marché des technologies de pointe, en collaboration avec les grands acteurs industriels, les start-up deeptech sont ainsi devenues des acteurs essentiels du paysage compétitif. Désormais au deuxième rang européen dans ce domaine, après le Royaume-Unis, tant en termes de montants investis (330 M€ en 2017) qu’en nombre d’opérations (109 en 2017), la France a les capacités de devenir le leader dans le domaine de la deeptech, et retrouver une position industrielle de premier plan sur l’échiquier mondial.

La forte dynamique entrepreneuriale et un écosystème d’investisseurs structuré, l’excellence de la recherche scientifique, reconnue mondialement, et une volonté politique forte, sont autant d’atouts pour faire de la France une « Deeptech Nation », souligne Bpifrance.

Caractérisées par un risque technologique élevé et s’inscrivant dans des temps longs, ces start-up nécessitent d’importants investissements et un accompagnement spécifique. Conscient de ces enjeux, Bpifrance lance aujourd’hui son Plan Deeptech, en proposant un continuum de financement et d’accompagnement, avec pour objectif de soutenir plus de 2000 start-up deeptech à l’horizon 2023.

550 millions d’euros sur cinq ans pour favoriser l’émergence de projets

Bpifrance prend ainsi le pilotage du programme national des SATT (Sociétés d’accélération du transfert des technologies), soit 80 millions d’euros par an, afin de les accompagner dans le transfert de technologies et stimuler ainsi l’émergence des projets deeptech. Par ailleurs, la banque publique d’investissement consacrera 150 millions d’euros sur cinq ans pour susciter et accompagner l’émergence d’incubateurs, d’accélérateurs ou de start-up studios deeptech dans tous les territoires. Enfin, un partenariat stratégique a été mis en place avec l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), le 21 décembre dernier. Il a pour objectif d’intensifier les échanges entre les mondes scientifique et économique, et d’augmenter le « taux de transformation » de la production de travaux de recherche financés par l’ANR vers la production de projets d’innovation portés par des start-up ou des industriels.

Près de 800 millions d’euros sur cinq ans seront ainsi consacrés au financement de l’amorçage et de l’accélération des jeunes pousses en sortie de laboratoire, issus à parts égales du Fonds pour l’Innovation et l’Industrie (FII) et du Fonds French Tech Seed, géré par Bpifrance dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir.

Bpifrance s’engage aux côtés des acteurs privés en investissant, d’ici 2023, un milliard d’euros dans les fonds de capital-risque deeptech ((500 M€ via le FNA 2, géré par Bpifrance dans le cadre du Programme d’investissement d’avenir et 500 M€ sur fonds propres Bpifrance) et 300 millions d’euros en direct dans les start-up deeptech, afin de doubler les investissements disponibles pour leur accélération.

Afin de mieux identifier les technologies de rupture, Bpifrance a construit un référentiel, qui caractérise les projets deeptech grâce à 4 critères :

  • Le lien avec la recherche ;
  • La capacité à lever des verrous technologiques ;
  • La création d’un avantage fortement différenciateur ;
  • Le go-to-market long et complexe, donc capitalistique.

Cet outil, qui a vocation à être partagé avec l’ensemble de l’écosystème, sera à la base de l’analyse des projets accompagnés par Bpifrance dans le cadre du Plan Deeptech, construit pour assurer un véritable continuum de financement et d’accompagnement.