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Novatech interpelle la ministre du Travail sur le déficit de formations en électronique

Lundi 8 avril, Murielle Pénicaud, ministre du Travail et Loïg Chenais-Girard, président de la Région Bretagne, avaient fait le choix de Novatech à Pont-de-Buis dans le Finistère pour signer le Pacte régional d’investissement dans les compétences. L’occasion pour Jocelyne Madec, p-dg de l’entreprise de sous-traitance, d’interpeler la ministre sur les problèmes de recrutement et le manque criant de formations en électronique.

Ce Pacte régional d’investissement dans les compétences est crucial pour l’avenir de l’industrie notamment celui des entreprises de fabrication électronique à l’image de Novatech qui compte 220 salariés sur son site de Pont-de-Buis et 155 à Lannion.

S’adressant à la ministre et au président de Région, Jocelyne Madec (*) a rappelé : « A Pont-de-Buis, nous fabriquons des cartes et des systèmes électroniques pour des marchés publics comme la RATP et SNCF. Nous fournissons également la défense avec l’aéronautique, le spatial et à Lannion pour la robotique, la cobotique, les automatismes et le médical. Nous avons également créé un bureau d’études pour accompagner nos clients. Pour nos grands clients, nous devons en permanence faire reconnaitre notre légitimité technique. Cela passe par des efforts permanents en matière de valorisation des compétences par la formation de l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise ».

« Je ne vais sans doute pas vous l’apprendre mais la filière électronique est en grand déficit en matière de formations. Nous avons les plus grandes difficultés, à quelque niveau que ce soit, à recruter des personnes compétentes issues des filières de formation initiale ou professionnelle. Nous n’avons plus de CAP, plus de BEP, plus de Bac, plus de BTS et l’enseignement de l’électronique dans les écoles d’ingénieurs n’est pas approfondi. Dans notre vie quotidienne, qu’elle soit personnelle ou professionnelle, tout est numérique. Mais pour faire du numérique il faut de l’électronique avec du hardware. Nous sommes à la croisée des chemins avec une activité en forte croissance et un accroissement du nombre de personnes partant à la retraite. Nos difficultés à recruter des personnes compétentes et opérationnelles rapidement, nous amènent à refuser des commandes ! Nous faisons face au prix d’une dépense d’énergie phénoménale », a ajouté la dirigeante.

Et Jocelyne Madec de poursuivre : « Aujourd’hui dans l’industrie nous ne sommes plus au temps de Germinal.  Aujourd’hui dans l’industrie c’est l’innovation permanente, c’est la réalité augmentée à la portée de tous. Les prescripteurs, parents d’élèves compris et les orienteurs doivent en être convaincus. Il nous faut absolument convaincre les jeunes de faire le choix d’une carrière professionnelle dans l’industrie électronique. Ce que nous réalisons ici doit être démultiplié dans toutes les entreprises, et accompagné par les institutions ».

« Si nous avons choisi Novatech pour signer ce Pacte régional c’est qu’ici, à Pont-de-Buis, nous sommes face à une situation insoutenable, où l’on refuse des marchés faute de trouver des compétences », a répliqué Murielle Pénicaud, paraissant sensible à ces propos.

La ministre a insisté également sur le cas de ces jeunes demandeurs d’emploi mais qui n’ont pas les compétences pour accéder au marché du travail. La solution pour résoudre ce qui semble être la quadrature du cercle c’est la re-création de filières de formation. Pour la ministre du Travail c’est une priorité absolue afin de faire baisser le chômage et permettre aux entreprises de se développer. « Résoudre l’équation des compétences est bien l’objet du Pacte régional où la Région et l’Etat mettent le paquet car il est évident que l’accès au capital humain est le plus important pour les entreprises », a-t-elle conclu.

Au total, 572 M€ seront investis en Bretagne sur quatre ans (2019-2022) pour accompagner la formation professionnelle. L’Etat mettra la main à la poche à hauteur de 216 M€ tandis que la Région Bretagne, abondera à hauteur 356 M€. L’Etat et la Région, tous secteurs d’activités confondus, prévoient 91 000 entrées en formation d’ici 2022. L’objectif recherché est d’améliorer l’insertion dans l’emploi des publics qui en sont les plus éloignés : les demandeurs d’emplois de longue durée et les moins qualifiés, les jeunes en rupture du système éducatif n’étant ni en emploi ni en formation.

(*) Jocelyne Madec, p-dg du groupe Novatech, présidente de l’UIMM Bretagne, membre du comité directeur du SNESE et membre du comité stratégique de la filière électronique, est à l’origine, avec le soutien du SNESE, de la création d’un groupe de travail interprofessionnel qui a pour mission d’identifier l’offre de formation initiale en électronique de production et de proposer des adaptations conformes aux attentes des entreprises. Les diplômes concernés sont le bac professionnel Systèmes numériques et le BTS Systèmes numériques.

Louis Gildas

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