Les accusations des Etats-Unis contre le fabricant de Drams chinois Fujian Jinhua Integrated Circuit prennent une autre envergure. Hier 1er novembre, le département américain de la justice a établi un acte d’accusation impliquant le fondeur taïwanais UMC dans le vol de secrets commerciaux à Micron Technology. Cette information aurait été utilisé pour développer une technologie de Drams qui a ensuite été transférée à Fujian Jinhua.

UMC risque une amende de plus de 20 milliards de dollars. Fujian Jinhua est une entreprise publique de la République populaire de Chine, entièrement financée par le gouvernement chinois et créée en février 2016 dans le seul but de concevoir, développer et fabriquer des mémoires Drams.

Sans rentrer dans le détail de l’acte d’accusation (voir le communiqué du département de la justice), Stephen Chen était directeur général et président d’une société d’électronique acquise par Micron en 2013. Chen est ensuite devenu président d’une filiale de Micron à Taiwan, avant de démissionner en juillet 2015 et d’être embauché par UMC. Pendant cette période, Chen a conclu un accord de coopération entre UMC et Fujian Jinhua, aux termes duquel, avec le financement de Fujian Jinhua, UMC transférerait la technologie de mémoires Dram à Fujian Jinhua pour la production en série. Chen devint plus tard le président de Jinhua et fut chargé de l’installation de son unité de production de Drams. Deux autres personnes sont également impliquées pour vol de fichiers à Micron liés à la conception et à la fabrication de Drams.

UMC a démenti officiellement ces accusations, regrettant que les allégations contenues dans l’acte d’accusation et la plainte du département américain de la justice sont pratiquement les mêmes que celles d’une plainte civile précédemment déposée contre UMC par Micron. UMC regrette que le bureau du procureur américain ait porté ces accusations sans d’abord l’en informer et lui donner l’occasion de discuter de l’affaire. En clair, rien de nouveau sous le soleil. Sauf que cette affaire risque de ternir durablement l’image du 2e fondeur taïwanais.

« UMC est une société de semiconducteurs taïwanaise de premier plan qui développe des circuits intégrés et d’autres technologies depuis quatre décennies. Elle consacre de vastes ressources à la recherche et au développement de technologies et possède un portefeuille de milliers de brevets de technologie actifs dans le monde entier. UMC prend au sérieux toute allégation selon laquelle elle aurait pu enfreindre une loi et entend pleinement répondre à ces accusations en conséquence », prend soin de préciser le fondeur dans son communiqué.