Au premier trimestre 2019, le marché français des semiconducteurs s’est élevé à 480,9 millions d’euros, en hausse de 2,5% par rapport au premier trimestre 2018 et en recul de seulement 0,6% par rapport au quatrième trimestre 2018, selon l’organisation professionnelle Acsiel Alliance Electronique.


De par sa structure, le marché français affiche ainsi sa résilience par rapport aux aléas de la conjoncture mondiale en semiconducteurs. En, comparaison, le marché européen, exprimé en euros, a reculé de 2,2% par rapport au 4e trimestre 2018. Quant aux ventes mondiales de semiconducteurs, elles ont totalisé 96,8 milliards de dollars au premier trimestre 2019, soit une baisse de 15,5% par rapport au trimestre précédent et 13% de moins qu’au premier trimestre 2018, selon les statistiques du WSTS.

Au cours de ce premier trimestre, le marché français semble ainsi avoir été relativement protégé de certains aléas conjoncturels par sa structure propre. On peut supposer que sa faible exposition au marché des mémoires, en particulier, l’a mis à l’abri d’un recul plus important dans une phase qui s’est avérée particulièrement délicate pour les fabricants de mémoires Drams et Flash depuis la fin de l’année dernière. Le poids prédominant des segments automobile, industriel et militaire/aérospatial, supérieur à 80% du marché adressable (TAM France), et qui sont par nature assez stables, est également un facteur qui permet d’amortir le retournement cyclique en cours, souligne l’organisation professionnelle.

Le montant de 480,9 millions d’euros du marché français inclut l’ensemble des ventes directes des fabricants de semiconducteurs et les reventes de leurs distributeurs aux intégrateurs. La croissance séquentielle des ventes par la distribution a été de 7,3% alors que les ventes directes aux intégrateurs OEM ont reculé de 4,6%.

Parmi les ventes directes, le segment cartes à puce est le seul à connaître une croissance, laquelle est de 41% mais fait suite au tassement important au cours des troisième et quatrième trimestres 2018. Les ventes directes au segment grand public/informatique enregistrent une baisse significative, confirmant le profil saisonnier du premier trimestre propre à ce segment, déjà observé en 2017 et 2018. Le segment militaire/aérospatial voit ses ventes reculer de 11% au premier trimestre mais conserve une grande stabilité sur le long terme, représentant autour de 10% des ventes directes au client final.
Malgré une baisse de 6%, les ventes directes au marché industriel enregistrent leur deuxième meilleur trimestre de facturations après le record historique du quatrième trimestre 2018. Acsiel relève la relativement bonne tenue du marché automobile qui, avec une baisse modérée de 2%, continue d’accroître sa part dans les ventes directes aux grands clients en passant le seuil des 42%.

Trois grandes familles de produits se distinguent par une croissance de leurs ventes aux intégrateurs au premier trimestre : les circuits discrets (+8%), les circuits intégrés analogiques (+4%) et les circuits MOS Logic dédiés et standards (+2%).