L’emploi dans le secteur de l’électronique en Europe devrait augmenter en moyenne 0,2% par an au cours des cinq prochaines années, selon une étude d’Oxford Economics publiée par l’IPC – Association Connecting Electronics Industries. Une telle tendance risque d’exacerber les problèmes créés par la pénurie actuelle de travailleurs qualifiés, selon les membres de l’organisation professionnelle. Plus mauvais élève en Europe, la France devrait perdre des emplois…


Selon le rapport d’Oxford Economics, l’industrie électronique européenne emploie actuellement environ 2,4 millions de travailleurs dans les 28 États membres de l’Union européenne, soit environ 8% de l’emploi total dans l’industrie manufacturière. Si l’effectif de l’industrie électronique est en hausse, il reste malgré tout inférieur aux niveaux d’avant la récession d’avant 2008.

La France, mauvais élève de l’Europe pour l’emploi d’ici à 2023 ?

L’Allemagne reste le premier employeur dans l’électronique en Europe. En 2018, l’industrie électronique en Allemagne employait environ 813 000 personnes, soit un peu plus du tiers de l’emploi total dans l’UE28. La France (212 000 personnes), l’Italie, le Royaume-Uni et la Pologne complètent le Top5.

Autre conclusion de l’étude commanditée par l’IPC : l’industrie électronique se déplace vers l’est. De 2011 à 2018, l’emploi dans l’industrie électronique en Europe centrale et en Europe de l’Est a progressé à un taux annuel moyen de 2,1%, soit plus du double du taux enregistré en Europe occidentale (UE15).

La croissance de l’emploi dans l’UE28 devrait atteindre en moyenne 0,2% par an au cours des cinq prochaines années. Toutefois, la tendance devrait être loin d’être uniforme à travers l’Europe, le décalage vers l’Est se poursuivant, la majorité des économies d’Europe centrale et orientale affichant une croissance de l’emploi supérieure à la moyenne. Pire, l’étude prévoit que les effectifs de l’industrie électronique française devraient baisser en moyenne de 1,4% par an entre 2018 et 2023, soit la plus mauvaise performance de toute l’Europe. Une assertion qui ne manquera pas de faire réagir la profession.

Des recherches concernant le Royaume-Uni montrent que la croissance des salaires dans le secteur de l’électronique a largement dépassé la moyenne de l’économie et le reste du secteur manufacturier depuis 2011. Une telle tendance est compatible avec l’existence d’un déficit de compétences qui a affaibli le pouvoir de négociation des entreprises sur le marché du travail, souligne l’IPC.

La pénurie de travailleurs qualifiés est en effet la principale préoccupation du secteur. Les entreprises ne peuvent tout simplement pas attirer suffisamment de jeunes travailleurs pour remplacer ceux qui prennent leur retraite. Dans le même temps, les fabricants de produits électroniques exigent de plus en plus de compétences au fur et à mesure que l’industrie passe à une fabrication de pointe. Cette façon de produire, qui repose fortement sur la robotique et l’automatisation, ouvre de nouveaux horizons à l’industrie électronique européenne. Cette tendance rend la fabrication plus propre et plus sûre que par le passé, mais impose de nouvelles exigences en matière de compétences aux travailleurs.

« La pénurie chronique de travailleurs suffisamment qualifiés et l’évolution des compétences requises font partie des défis les plus difficiles auxquels le secteur de l’électronique est confronté en Europe et dans le monde. Plus des deux tiers des sociétés IPC indiquent que le manque de travailleurs qualifiés entrave leur capacité de croissance. C’est la raison pour laquelle IPC intensifie considérablement les efforts de notre industrie pour mobiliser les jeunes et leur proposer les programmes d’éducation et de formation dont ils ont besoin pour réussir dans cette industrie », commente John Mitchell, le président d’IPC.

L’IPC a commandé cette étude afin de mieux comprendre les tendances de l’emploi en Europe, d’approfondir ses recherches et d’optimiser ses programmes de formation de la main-d’œuvre. IPC certifie plus de 100 000 travailleurs de l’électronique par an dans le monde et a récemment lancé la fondation IPC Education pour soutenir les programmes de sciences, de technologie, d’ingénierie et de mathématiques dans les universités et le second degré.

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