Le CSA vient de publier sa feuille de route pour la modernisation de la TNT. Les Jeux olympiques de Paris en 2024 pourraient constituer l’horizon auquel une plateforme TNT modernisée serait proposée aux téléspectateurs. Plusieurs normes techniques doivent être définies, si possible à la fin de cette année.

Depuis son introduction en métropole en mars 2005, la télévision numérique terrestre (TNT) a bénéficié de plusieurs évolutions, notamment en termes de nombre de chaînes et de qualité d’image. Depuis le 5 avril 2016, la quasi-totalité des chaînes de la TNT sont ainsi diffusées en haute définition (HD). Afin de préparer les prochaines évolutions de la TNT, le CSA a engagé des travaux préparatoires en 2017, en lien avec l’ensemble des acteurs du secteur. Il a ainsi lancé, le 27 juillet 2017, une large consultation publique, qui a recueilli 27 contributions.

Il ressort de ces contributions que les Jeux olympiques de Paris en 2024 pourraient constituer l’horizon auquel une plateforme TNT modernisée serait proposée aux téléspectateurs. Le CSA a donc adopté un programme de travail élaboré afin d’atteindre cet objectif.

Le CSA souhaite une définition rapide, si possible dès la fin de l’année 2018, de l’ensemble des composantes de cette plateforme TNT actualisée, afin que celles-ci puissent être intégrées dans les meilleurs délais dans les téléviseurs et autres équipements de réception de la TNT, permettant, d’ici la migration prévue début 2024, le renouvellement naturel d’une large partie du parc de récepteurs.

Plusieurs normes techniques doivent être définies : les futurs standards d’images et de son, permettant des services en « HD améliorée » voire en « ultra-haute définition (UHD) »; les standards des services interactifs, basés notamment sur la norme « HbbTV » ; les normes de diffusion et de codage permettant d’augmenter la capacité des réseaux TNT.

Définir les standards d’image et de son

Des travaux seront engagés au premier trimestre 2018 afin de fixer les standards d’images et de son qui seront utilisés par les services en haute définition améliorée et en ultra-haute définition :

– la « 4K », qui offre une résolution quatre fois supérieure à la HD ;

– le « HDR » (High Dynamic Range), qui offre des contrastes plus profonds ;

– le « WCG » (Wide Color Gammut), qui propose une palette de couleurs enrichie ;

– le « HFR » (High Frame Rate), qui restitue les mouvements avec une meilleure netteté ;

– le « NGA » (Next Generation Audio), qui offre un meilleur son, à travers notamment une gestion du volume des dialogues et l’introduction du son spatialisé.

Depuis 2010, la plupart des téléviseurs vendus en France et en Europe sont équipés du système interactif Hybrid Broadcast Broadband Television (HbbTV), qui permet aux chaînes de proposer aux téléspectateurs des services enrichis, en associant à la réception TNT des flux reçus via des réseaux de télécommunications. Pour les téléspectateurs, cette fonctionnalité permet d’accéder à de nouveaux contenus (vidéo à la demande, télévision de rattrapage, contrôle du direct…).

Afin de favoriser le développement des services interactifs, des travaux techniques seront engagés au premier semestre 2018 afin de définir une version harmonisée au plan français du standard HbbTV et de garantir l’interopérabilité de l’offre HbbTV sur l’ensemble du parc. Des travaux seront également menés sur l’éventuelle mise en place d’un système de contrôle d’accès (« CAS »).

Les services en haute définition améliorée ou en ultra-haute définition consomment plus de débit que les services de la TNT actuellement diffusés (qui sont en haute définition ou, dans quelques cas, en définition standard). Il est nécessaire de faire évoluer les standards de diffusion (passage du DVB-T au DVB-T2) et de codage (passage du MPEG-4 au HEVC) pour augmenter la capacité de la plateforme TNT et ainsi permettre le lancement de ces services disposant d’une qualité d’image et de son améliorée. Ces normes doivent être paramétrées. En ce sens, des travaux seront engagés au premier trimestre 2018 pour définir, en particulier, le ou les profils techniques de la norme DVB-T2 qui devront être utilisés en France par les multiplex nationaux et locaux.

Une initialisation de l’offre en métropole largement avant 2024

Il ressort de premiers travaux menés par le Conseil avec les opérateurs de diffusion qu’un nouveau multiplex pourrait être déployé sur une partie du territoire métropolitain, assurant la couverture de 60% de la population.

Ce multiplex dit « précurseur » pourrait d’une part, servir de plateforme expérimentale pour les acteurs de la TNT, d’autre part, promouvoir la plateforme auprès du public grâce à une offre composée de programmes en HD améliorée, voire en UHD.

En collaboration avec les opérateurs de diffusion et l’Agence nationale des fréquences, le Conseil poursuit les travaux d’identification de la ressource nécessaire à ce multiplex précurseur, tout en veillant à ce que cela n’ait aucun impact sur la couverture des six multiplex nationaux déjà déployés.

Des points réguliers seront faits avec l’ensemble des acteurs concernés afin d’affiner le programme de travail et le calendrier dans lequel celui-ci doit être mis en œuvre.

Ce schéma récapitule, dans les grandes lignes, le calendrier des chantiers identifiés dans ce programme de travail. Il sera affiné au cours de l’année 2018, au fur et à mesure de l’avancée des travaux.