Après deux années record marquées par les allocations et les hausses de prix, le marché européen de la distribution de semiconducteurs démarre solidement l’année, avec des ventes au 1er trimestre en hausse de 8,4% sur un an et de 8% en trois mois, à 2,5 milliards d’euros, selon la DMASS, Distributors’ and Manufacturers’ Association of Semiconductor Specialists. Ce nouveau record constitue toutefois probablement un dernier coup d’éclat avant une normalisation.

Rappelons qu’après une progression de 14,7% en 2017, le marché européen de la distribution de semiconducteurs a atteint le record de 9,2 milliards d’euros en 2018, en croissance de 8,2% par rapport à 2017. En 2 ans, le marché aura ainsi progressé de près d’un quart, tiré par les allocations et la hausse des prix.

« Il est étonnant que notre industrie puisse enregistrer un autre record, après huit trimestres nettement supérieurs à 2 milliards d’euros de ventes. Une bonne partie de la croissance actuelle est tirée par un carnet de commandes solide, mais nous nous attendons à ce que cette croissance ralentisse au cours de l’année, de nombreux membres constatant un affaiblissement des prises de commande actuellement », tempère Georg Steinberger, président de l’organisation professionnelle DMASS.

Au premier trimestre, la croissance a été inégale selon les États et les régions. Alors que les principaux pays (Royaume-Uni, Allemagne, France et Italie) atteignent à peine la croissance européenne moyenne, certains pays nordiques et d’Europe de l’Est ont littéralement explosé avec une croissance à deux chiffres. Au premier trimestre,le marché allemand de la distribution de semiconducteurs a ainsi augmenté de 5,1% sur un an, à 742 millions d’euros, tandis que l’Italie a reculé de 1,4%, à 219 millions d’euros. La France a progressé de 8%, à 172 millions d’euros, le Royaume-Uni (sans l’Irlande) de 5,9% à 159 millions d’euros. De leur côté, l’Europe de l’Est progresse de 10%, à 407 millions d’euros et la Scandinavie s’envole de 32% à 250 millions d’euros.

Sur le plan des produits, la croissance a été importante dans les domaines des discrets, des semiconducteurs de puissance, des capteurs, des mémoires et de la catégorie « autres produits logiques », mais pas dans tous les pays. Les ventes trimestrielles de circuits analogiques ont progressé de 10,5%, à 739 millions d’euros, celles de composants MOS Micro ont reculé de 0,1%, à 478 millions d’euros. Le marché des circuits de puissance a augmenté de 11,7% à 278 millions d’euros, celui des mémoires de 15,8%, à 227 millions d’euros, tandis que le marché des circuits logiques programmables a progressé de 5,8%, à 166 millions d’euros et celui des « autres produits logiques » de 23%, à 138 millions d’euros. Le marché des circuits optoélectroniques a été à la peine, avec une croissance de seulement 1,5%, à 220 M€.

« La croissance exceptionnelle de certains produits a clairement été provoquée par le développement de certains pays. Globalement, les deux principales tendances identifiables ce trimestre sont la faiblesse de l’optoélectronique et le transfert de technologie des microcontrôleurs vers des architectures de niveau supérieur. Nous nous attendons à un certain nivellement au cours des prochains trimestres, mais il est évident que certains produits deviennent plus attrayants quand d’autres se banalisent », commente Georg Steinberger.

Fondée en 1989, la DMASS compte à ce jour 34 membres actifs (dont, pour les distributeurs, Acal BFi Europe, Anglia, Arrow, Avnet EMEA, Codico, Digi-Key, EBV Elektronik, Farnell, Mouser et Rutronik) et représente, suivant les pays, entre 80% et 85% du marché européen de la distribution. L’organisation professionnelle, – rappelons-le-, ne prend en compte que les semiconducteurs hors composants pour PC.