Florence Parly, ministre des Armées a inauguré à Rennes le premier bâtiment du Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) et la Cyberdéfense Factory, espace inédit en France, piloté par la Direction générale de l’armement (DGA), ouvert à tous les acteurs du domaine cyber pour faire émerger de nouvelles technologies. Le COMCYBER accueillera 400 cybercombattants dans un nouveau bâtiment de 11 000m2.

Initiée et pilotée par la DGA, la Cyberdéfense Factory est un lieu unique en France où les start-up, les PME et les universitaires pourront travailler au contact des experts de la DGA et des opérationnels des armées sur les sujets de cybersécurité.

Objectif : accélérer le développement de cybersolutions innovantes au profit du COMCYBER. Au cœur de ce plateau collaboratif, la DGA mettra à disposition un gisement de données appelé Datalake. Le principe est le suivant : tous les acteurs pourront accéder à ces données d’intérêt cyber pour tester des solutions innovantes et développer de nouveaux algorithmes.  Le COMCYBER apportera de son côté sa connaissance de l’environnement opérationnel. Ce lieu d’échanges et de partage est une antenne de l’Innovation Défense Lab de l’agence de l’innovation de défense.

80 millions d’euros pour le développement des entreprises françaises du domaine de la cybersécurité

Au programme également : la présentation d’un nouveau cadre contractuel défini par la DGA et la signature d’une convention avec la société d’investissement ACE Management destinée à accélérer le financement de sociétés à fort potentiel dans le domaine cyber.

La DGA, qui accélère la mise en place d’outils spécifiques aux besoins du COMCYBER, a profité de cette occasion pour présenter un accord-cadre innovant qui vient d’être notifié à un groupement d’industriels (Airbus, Atos-Bull, Sopra-Steria et Thales). Ce nouveau cadre contractuel permettra de développer des logiciels de lutte informatique défensive en moins de 6 mois. Le marché prévoit la possibilité d’intégrer de nouvelles fonctionnalités, selon une méthode de développement incrémental (inspirée de la méthode SCRUM). La DGA s’appuie ainsi sur le savoir-faire éprouvé de ces acteurs en matière de cyberdéfense. Le premier bon de commande vient d’être notifié au groupement industriel pour le développement d’un outil de détection d’attaque cyber sur le système d’exploitation Linux.

Les industriels français ont également été intégrés à la stratégie nationale de cyberdéfense lors de cette journée. Une convention de partenariat a été signée entre le ministère des Armées et la société ACE Management. Baptisé Brienne III, ce fonds de 80 millions d’euros facilitera l’accompagnement et le développement des entreprises françaises du domaine de la cybersécurité. Il bénéficiera des expertises techniques du ministère de Armées (DGA – DGSE – COMCYBER) et de l’ANSSI.

Pour Florence Parly, « Ce fonds doit nous permettre de faire émerger de nouveaux acteurs du cyber et de consolider les existants pour les projeter à l’international. Ensemble, le fonds d’investissement et la Factory porteront cette ambition d’être une couveuse d’entreprises et de favoriser la création de start-up ».