La ministre des Armées, Florence Parly, et la ministre de la défense de la République fédérale d’Allemagne, Ursula von der Leyen, se sont rendues le 6 février 2019 à Gennevilliers sur le site de Safran pour donner le coup d’envoi industriel du système de combat aérien du futur (SCAF).

Le SCAF est une coopération franco-allemande qui doit fournir aux deux pays les successeurs de leurs avions de chasse respectifs mais également des drones et missiles, l’ensemble formant un système intégré.

Les deux ministres ont annoncé deux jalons essentiels du développement de ce projet : la notification du contrat de concepts et d’architecture du SCAF à Dassault et Airbus ; un accord industriel entre les deux motoristes français et allemand Safran et MTU.

La France et l’Allemagne ont ainsi notifié le tout premier contrat – une Étude de concept commune (JCS) – à Dassault Aviation et Airbus au profit du programme de Système de combat aérien futur (SCAF). Ce contrat permet aux industriels de définir les grandes lignes du SCAF et de chacune de ses composantes. 65 millions d’euros sont consacrés à ce contrat.

L’Étude de concept commune (JCS) identifiera des concepts de base préférentiels pour ses principales composantes que seront l’avion de combat de prochaine génération, les drones, un système de systèmes et les services associés de prochaine génération, évaluera la viabilité opérationnelle et technique, ainsi que la faisabilité programmatique des concepts de base et enfin, identifiera les besoins technologiques et de démonstrateurs communs.

Cette décision conjointe des deux pays représente un important pas en avant pour assurer la souveraineté européenne et son avance technologique dans le secteur de l’aviation militaire au cours des prochaines décennies. La date de démarrage de cette étude de deux ans est fixée au 20 février 2019.

Le système d’armes prévu se composera d’un avion de combat de prochaine génération collaborant avec un ensemble d’armements à la fois nouveaux et revalorisés, et d’un essaim de systèmes sans pilote (drones) interconnectés par un Cloud de Combat et un écosystème intégré dans une architecture dédiée de type systèmes de systèmes.

La JCS repose sur le document HL CORD (High Level Common Operational Requirements Document) cosigné par les ministres de la Défense des deux pays lors du Salon aéronautique ILA de Berlin en avril 2018, ainsi que sur les études de concept nationales respectives.

Cette étude commune vise à conceptualiser les différentes capacités du SCAF et à jeter les bases de leur définition et industrialisation future, en vue d’une capacité opérationnelle complète à l’horizon 2040. Dans cette optique, des programmes de démonstrateurs seront préparés et lancés à l’occasion du Salon aéronautique du Bourget en juin 2019.

Parallèlement, Safran et MTU ont signé lors de la visite des ministres un accord de coopération industrielle pour la motorisation de l’avion de combat du futur. Cet accord sera suivi à la mi-année 2019 de la signature d’un contrat avec la France et l’Allemagne pour le démonstrateur du moteur de cet avion de combat de nouvelle génération.

Dans le cadre de ce partenariat, Safran Aircraft Engines aura la responsabilité d’ensemble de la conception et de l’intégration du moteur et MTU Aero Engines sera leader pour les services. MTU Aero Engines sera responsable des compresseurs basse et haute pression et de la turbine basse pression, tandis que Safran sera responsable de la chambre de combustion, de la turbine haute pression et de la post-combustion. De son côté, la société commune Aerospace Embedded Solutions (AES) développera le calculateur et des logiciels de contrôle des moteurs, sous la responsabilité de l’intégrateur moteur Safran Aircraft Engines. Cette répartition industrielle est basée sur un équilibre des financements entre la France et l’Allemagne. Aerospace Embedded Solutions GmbH (AES) est une société commune entre Safran Electronics and Defense and MTU Aero Engines.