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L’Etat et la filière automobile contractualisent leurs engagements

Le comité stratégique de la filière automobile s’est tenu hier à Bercy. La feuille de route du plan d’actions permettant de relever les défis du passage au moteur électrique et de la transition vers le véhicule connecté et la voiture autonome a été actée. Cette réunion du comité stratégique a en effet été l’occasion de proposer à l’État sous la forme d’un contrat de filière un ensemble d’engagements réciproques visant à accompagner leur réalisation.

Voici, en résumé, les principaux engagements qui ont été pris à l’issue de la réunion et qui intéressent notre profession.

La filière automobile s’est engagée à viser une multiplication par cinq d’ici fin 2022 des ventes de véhicules 100% électriques, soit 150 000 véhicules contre près de 31 000 en 2017. Le parc de véhicules électriques pourrait atteindre alors 600 000 unités, sans compter 400 000 véhicules hybrides rechargeables, soit 1 million d’unités au total. En contrepartie, l’Etat s’engage à garantir un ratio d’une borne de recharge pour dix véhicules en circulation, soit 100 000 bornes en 2022 contre près de 22 000 actuellement (si la filière tient ses objectifs de vente de véhicules électriques et hybrides rechargeables – cible à un million de véhicules en circulation en 2022).

L’État lancera en juin un appel à projets, doté de 40 M€, visant à soutenir un programme d’expérimentations de véhicules autonomes représentant plus de 200 M€ d’investissements. Les principaux acteurs (constructeurs, opérateurs de transport et de mobilité, équipementiers, …) s’engagent à partager une méthodologie d’expérimentation et d’évaluation commune, ainsi qu’à mettre en commun les données non compétitives collectées dans ce cadre. Un programme de tests sera également réalisé d’ici à fin 2020 pour valider les protocoles de connexion entre véhicule et infrastructure. Un bilan sera effectué d’ici 2020 pour finaliser les travaux de standardisation nécessaires au déploiement des infrastructures à plus grande échelle. L’État complétera le cadre juridique relatif aux expérimentations et au déploiement de véhicules à délégation partielle et totale de conduite.

Un « Accélérateur PME » pour la filière automobile sera lancé par Bpifrance avec le soutien financier et technique de la filière. Il visera à accélérer trois promotions de 50 à 60 PME, soit 150 à 180 entreprises, pour les aider à devenir des ETI présentes à l’international. Les acteurs de la filière lanceront une initiative visant à accompagner les entreprises dans l’amélioration de leur performance industrielle et de service (usine 4.0 de garage du futur, robotisation, lean management, …).

Le Fonds Avenir Automobile sera prolongé de 4 ans avec une capacité d’investissement de 135 M€ apportée par l’État et les deux constructeurs automobiles PSA et Renault, afin de soutenir des entreprises rentables dans leurs projets de développement, pouvant porter sur l’international, la croissance externe ou la diversification.

Soutien de l’État à la R&D dans le secteur de l’automobile : depuis 2011, l’action du PIA en faveur de l’industrie automobile a permis d’accompagner les transformations que traverse cette l’industrie en mobilisant plus de 650 M€ de financements publics nationaux, pour un total de 2 milliards d’euros de dépenses de R&D. Le gouvernement entend poursuivre et amplifier l’effort de la France en matière d’innovation, en maintenant un niveau de soutien comparable dans les années à venir. Parmi les initiatives de R&D à venir, citons le développement de cellules de batteries de 4e génération « tout solide, à très haute performance », d’ici 2023 et les systèmes embarqués. Les enjeux des R&D à venir concernent notamment l’intégration des dernières générations de composants (processeurs multicoeurs) et les logiciels associés. Ils concernent également les outils de simulation permettant de concevoir de tels systèmes embarqués.

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a participé au comité stratégique de la filière automobile, à Bercy avec Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, ministre auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports et Luc Chatel, président de la Plateforme automobile, Filière Automobile & Mobilités, ainsi que les présidents des principales entreprises de la filière automobile.

La « filière automobile » rassemble les constructeurs automobiles implantés sur le territoire, les équipementiers et fournisseurs de rang 1, ainsi que de nombreux sous-traitants appartenant à des secteurs très divers (mécanique, plasturgie, emboutissage, fonderie, électronique, etc.). Elle comprend également les constructeurs de véhicules poids lourds, bus et autocars, ainsi que les carrossiers. Ce volet amont de la filière comprend près de 4 000 entreprises industrielles et emploie 400 000 salariés en France. Il représente un chiffre d’affaires de 155 milliards d’euros et un volume d’exportation de 49 milliards d’euros. La filière investit plus de 6 milliards d’euros par an en R&D. Le volet aval de la filière comprend les entreprises de service qui représentent un écosystème d’ETI, de PME et de TPE particulièrement dense. Ce secteur se structure autour de cinq principaux pôles métiers : la distribution (véhicules et carburants), la maintenance automobile, les services aux automobilistes, l’éducation à la route et le recyclage. Il représente 139 000 entreprises, et plus de 400 000 salariés. Enfin, la filière comprend également de nombreux acteurs de la R&D, notamment les pôles de compétitivité et les grands organismes de la recherche publique (IFP EN, IFSTTAR, CEA, Universités).

Téléchargez le Contrat stratégique de la filière Automobile 2018-2022

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