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Le gouvernement lance un audit des filières industrielles dont l’électronique

Le Premier ministre a présenté hier chez Valeo à Bobigny l’ambition du gouvernement pour l’industrie. Entouré de pas moins de 9 ministres ou secrétaires d’Etat (*), Edouard Philippe a annoncé le lancement, au sein du Conseil National de l’Industrie, d’un audit des filières industrielles, afin de « redonner une impulsion d’ensemble à nos filières ». Un pilote pour chaque filière doit être désigné sous trois mois.

«  Sous trois mois, je souhaite qu’on redéfinisse une cartographie de nos filières, une feuille de route et un pilote pour chaque filière. Nous officialiserons les adaptations nécessaires lors du prochain comité exécutif du CNI qui se tiendra le 26 février », a précisé le Premier ministre.

En partant de l’exemple emblématique de la filière automobile, Edouard Philippe a indiqué également ce qu’il souhaitait pour les autres filières.  « Comme nous avons commencé à le faire ce matin pour l’automobile, nous devons être capables de tracer la feuille de route de chaque secteur, d’identifier des objectifs clés, de construire des démarches de R&D, de préparer les investissements nécessaires et les compétences de demain ».

Ainsi, seront lancés progressivement d’autres sujets dans le programme de travail du Conseil National de l’Industrie. « Comment, sur la filière électronique, préparer les composants du futur qui seront sur tous les objets connectés dans dix ans ? Et poursuivre le dynamisme de l’écosystème grenoblois, où STMicroelectronics a notamment embauché 300 personnes en 2017 » ? Une interrogation d’Edouard Philippe qui fait sans aucun doute écho à la demande la profession de poursuivre l’effort du plan nano2017 en faveur de la microélectronique dans le cadre d’un programme européen de type IPCEI (Important Projects of Common European Interest).

La préparation des modes de transport du futur, avec les filières aéronautique, ferroviaire, naval fera également l’objet d’un autre groupe de travail au sein du CNI.

Le Fonds pour l’industrie et l’innovation opérationnel dès janvier

Côté financement, le gouvernement a prévu d’accompagner les filières en créant un Fonds pour l’industrie et l’innovation. Ce fonds sera opérationnel au 1er janvier 2018, a annoncé le Premier ministre. Il sera doté de 10 milliards d’euros au service de l’innovation de rupture. Pour commencer, il sera alimenté par le produit des récentes cessions de participations dans Engie et Renault. Le solde, d’environ 8 milliards d’euros, sera constitué de participations publiques n’ayant pas vocation à être cédées mais versant des dividendes réguliers.

« Le rendement annuel de ce fonds qui sera de l’ordre de 200 à 300 millions d’euros par an sera sanctuarisé pour garantir notre effort annuel en matière d’innovation et limiter toute tentation de rabot qui viendrait obérer nos capacités industrielles d’avenir », a assuré Edouard Philippe.

Trois personnalités ont été sollicitées par le gouvernement « pour trouver le meilleur usage possible à ce rendement et nous aider à le flécher vers les projets les plus prometteurs et les modalités les plus efficaces ». Il s’agit de Stéphane Distinguin, p-dg de l’agence d’innovation Fabernovel, Jacques Lewiner, directeur scientifique de l’ESPCI et Ronan Stéphan, directeur scientifique de Plastic Omnium. Ils doivent remettre leurs conclusions au gouvernement en janvier.

L’exemple de la filière automobile

Premier secteur industriel de France en nombre de salariés, l’industrie automobile doit faire face à de nouveaux défis : des véhicules de plus en plus connectés, de plus en plus autonomes, de plus en plus propres. Des technologies qui se croisent : la voiture de demain sera à la fois un centre multimédia, une capacité de stockage d’énergie et une intelligence artificielle.

Pour le Premier ministre, « ce que nous venons de faire pour l’automobile est assez emblématique de ce que nous devons faire ensemble pour chaque filière, dans les mois qui viennent ». Ainsi,  Anne-Marie Idrac a été nommée haute responsable au véhicule autonome pour coordonner les travaux gouvernementaux français dans ce domaine. Elle devra travailler étroitement  avec le comité stratégique de la filière automobile du CNI. Leurs premières conclusions sont attendues pour mai prochain.

S’agissant du véhicule électrique et plus particulièrement des batteries, le Premier ministre souhaite que nous soyons en capacité de faire émerger une offre européenne compétitive pour équiper les 9 millions de véhicules électriques qui seront en circulation en 2020.

« On ne peut pas se contenter d’un recours à une offre asiatique, alors que la batterie représentera à l’avenir une partie importante de la valeur d’un véhicule. C’est stratégique, à la fois pour les Etats européens et pour les constructeurs, afin de sécuriser sur le long terme nos sources d’approvisionnement. Nous devons donc travailler ensemble et en franco-allemand. Je sais que les constructeurs français y sont prêts », a déclaré Edouard Philippe.

(*) Le Premier ministre s’est déplacé, le 20 novembre, sur le site de l’entreprise Valeo à Bobigny. Il a visité un centre de recherche et développement spécialisé dans les technologies autour du véhicule autonome aux côtés de Nicolas Hulot, Bruno Le Maire, Frédérique Vidal, Élisabeth Borne, Mounir Mahjoubi, Brune Poirson, Jean-Baptiste Lemoyne, Julien Denormandie et de Benjamin Griveaux.

Tous secteurs confondus, l’industrie française est désormais au 8e rang mondial. Elle est derrière l’Italie et demeure trois fois plus petite que l’Allemagne. La production manufacturière reste encore 7% en dessous de son niveau d’avant crise et un million d’emplois ont été perdus dans l’industrie entre 1995 et 2013.

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